Non à la gratuité scolaire dans l’immédiat!

Cet article est paru, à l’origine, sur le blog des 7 du Québec.

Droits de scolarité et financement des universités

La gratuité scolaire : pas réalisable maintenant

Alors que le gouvernement Marois a décrété l’annulation de la hausse des droits de scolarité promulguée par Jean Charest, l’ASSÉ pousse le bouchon encore plus loin réclamant la gratuité scolaire. Toutefois, le contexte politique et économique prévalent en ce moment au Québec n’est pas propice, en ce moment, pour ce projet.

Anders Turgeon Dossier Actualités, Éducation

À pareille date l’an dernier, la plupart des étudiants se mobilisaient contre la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement droits-scolarite-financement-universites-gratuite-scolaire-education-jeunesCharest. Suite à un Printemps Érable mouvementée marqué par la judiciarisation du conflit étudiant ainsi que la loi 12, les étudiants (du moins, les carrés rouges) ont obtenu l’annulation de cette hausse suite à l’élection du Parti québécois.

Maintenant, les carrés rouges, l’ASSÉ en tête, réclament la gratuité scolaire. Toutefois, selon des articles de La Presse, Radio-Canada.ca, du Métro, du 98.5FM et du Huffington Post, le ministre Pierre Duchesne a écarté définitivement cette avenue. La gratuité est envisageable à long terme, mais pas dans le contexte actuel, a-t-il fait valoir lors d’une allocution à la fin de l’École d’hiver Spécial Sommet de l’Institut du Nouveau Monde (INM).

Il y a de quoi être d’accord avec le ministre Duchesne. Contrairement à ce que croient la  FEUQ et l’ASSÉ , il est impossible de réaliser la gratuité des études universitaire compte tenu de du contexte politique et économique actuel du Québec. L’État n’est pas une source intarissable d’argent ; les contribuables, encore moins. La dette grimpe de manière préoccupante.

Avant de songer à accorder la gratuité au niveau universitaire, un important ménage de l’État-providence québécois s’impose. Le gouvernement aurait intérêt à dépenser avec diligence et efficacité dans la santé, l’éducation et l’emploi. Il devrait investir dans les programmes sociaux, il devrait rester intègre face à toute tentative de corruption. Et il devrait face en sorte que tout le monde verse ses impôts à l’État, sans exception.

Surtout, notre système de l’éducation est à revoir avant de fournir une éducation entièrement gratuite. Il serait important de revoir la manière d’éduquer les jeunes. Revaloriser pleinement la réussite scolaire et l’excellente encouragerait les jeunes à faire preuve de rigueur et de détermination dans leurs études. Ils développeraient une  méthode de travail et, rendus à l’université, ils seraient outillés pour réussir leurs études et s’enligner pour une carrière prometteuse.

Avant la gratuité scolaire au niveau universitaire, le gouvernement doit améliorer sa gestion de l’argent des contribuables. Les étudiants ont aussi leur part de responsabilité: étudier et obtenir du succès dans leur cheminement scolaire. Dans ce cas, seulement, l’ASSÉ et Martine Desjardins pourront légitimement réclamer la gratuité scolaire.

 

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Désaffiliations de masse à la FECQ

Actualités: fissures dans le mouvement étudiant

Une importante vague de désaffiliations à la FECQ


La Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) connaît actuellement une vague de désaffiliations au sein de son organisation. À l’issue de référendums, plusieurs associations étudiantes collégiales choisissent de quitter la fédération étudiante.

Selon des articles parus dans La Presse Canadienne, La Presse et Le Devoir, cette crise de confiance à l’endroit de la FECQ trouve son origine dans l’insatisfaction des associations étudiantes envers la Fédération, notamment à cause de son manque de transparence.

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Le débat gauche-droite actuel selon Patrick Lagacé

 

Débat gauche-droite et crise sociale au Québec

La théorie à cinq sous de Patrick Lagacé sur l’actuel débat gauche-droite

Caricature illustrant le débat acrimonieux gauche-droite

Anders Turgeon Dossiers Débat gauche-droite et Société

Hier a été publiée une chronique de Patrick Lagacé dans le journal La Presse. Elle traite des dérives concernant le conflit social québécois et le nouveau débat gauche-droite. Ces dérives donnent lieu à tous les abus dans le débat gauche-droite.

«Mais la polarisation est telle qu’on croirait que nous sommes dans des enjeux identitaires fondamentaux. Le climat ambiant est pourri par des dérapages verbaux rarement entendus dans ce Québec généralement pacifique et timoré.»

C’est dans ces mots qu’il décrit l’atmosphère régnant dans ce débat gauche-droite. Et je suis bien d’accord avec lui. Découlant de la grève générale illimitée des étudiants pour protester contre la hausse des droits de scolarité, la crise a pris beaucoup d’ampleur. Et pas pour le mieux.

Il a bien raison de dire qu’il comprend les peuples qui vivent dans une spirale haineuse. Bien que l’enjeu ne tourne qu’autour des droits de scolarité, la polarisation que ces derniers ont entraîné décrit l’atmosphère malsaine de ce débat gauche-droite.

Que ce soit sur les réseaux sociaux et à travers des billets de blog, on s’attaque, on use de sophismes, on s’insulte et on fait même des menaces de mort! Quand nous en sommes rendus là en tant que société, c’est que quelque chose ne va pas.

Comme nous avons changé de paradigme politique (du débat souverainisme-fédéralisme, nous sommes passés au débat gauche-droite), une fracture profonde est en train de séparer la société en deux camps distincts, la gauche et la droite, sur lesquels chacun campe sur sa position et ne fait aucun compromis.

Personne n’a de véritable expérience sur ce débat gauche-droite. Parce que nous vivons sur le modèle québécois social-démocrate depuis la Révolution Tranquille, la société prenait pour acquis que la pensée collective s’installait à gauche. Mais voilà, cette crise découlant du mouvement étudiant contre la hausse des frais de scolarité a contribué à installer cette fracture profonde qu’est le débat gauche-droite. Mais qu’est-ce qui s’est passé pour que nous en soyons arrivés là?

J’appelle ce débat gauche-droite du fanatisme. Autant du côté de la gauche que celui de la droite. Parce que nous ne sommes pas d’accord ou que nous soyons plus modérés dans notre position sur cette crise sociale, on se fait insulter.

Comme un presto chauffé à bloc depuis le début des années 2000, le conflit social marqué par ce débat gauche-droite nous a éclaté au visage en ce printemps 2012. Et, à mon avis, ce conflit n’est pas prêt de se résorber et de devenir plus civilisé.