Pierre Allard, son congédiement du Droit et l’information

Renvoyé du Droit pour avoir dénonce la fin de la publication de La Presse

Pierre Allard met en lumière le droit à l’information sur son blog

Le journaliste et ex-édiorialiste du journal Le Droit a perdu son boulot pour avoir dénoncé la fin de la publication de La Presse et des journaux régionaux par son ex-employeur Gesca. Du même coup, il a dénoncé le déclin de l’accessibilité et de la qualité de l’information lorsque celle-ci se retrouve sur support électronique comme La Presse+.

Anders Turgeon Dossiers Médias et Information

Pierre Allard, journaliste et éditorialiste pigiste pour le journal gatinois Le Droit, a été congédié après 45 ans de loyaux services pour ce média de Gesca, filiale de Power Corporation. Son délit? Avoir pondu un billet, sur son blogue personnel, qui dénonce la décision de son ex-employeur de cesser d’imprimer ses journaux — La Presse, Le Droit,

pierre allard

pierre allard (Photo credit: two stout monks)

Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Soleil (Québec), La Voix de l’Est (Granby), La Tribune (Sherbrooke) et Le Quotidien (Saguenay) — dans un avenir rapproché. L’information deviendrait numérique dans l’entreprise médiatique des Desmarais.

Pierre Allard dénonçait, dans ce billet, cette idée préconçue voulant que la montée du web bouleverse le monde de l’information et cause inexorablement la disparition des médias imprimés à cause de la baisse des revenus publicitaires pour ces derniers. Tout comme M. Allard, je ne partage pas cet avis. Pourquoi le web contribuerait-il à la disparition de La Presse ou du Droit version imprimée? Pourquoi l’un ne soutiendrait-il pas l’autre?

L’information et son coût

Entendons-nous là-dessus, l’information n’est pas censée être entièrement gratuite. La produire coûte de quoi. Le Journal de Montréal et Le Devoir ont compris cela et verrouillent leurs articles seulement sur le web. Pour avoir accès à l’article, soit tu t’abonnes, soit t’achètes le journal du jour. Comme le souligne judicieusement Lise Ravary dans un de ses billets sur son blogue du Journal de Montréal :

« En langage courant, cela veut dire : Quand les éditeurs nord-américains se sont mis à privilégier la vente par abonnement à des prix ridiculement bas pour doper le tirage (et ainsi vendre plus de publicité et plus cher), ils ont réduit substantiellement la part de revenus provenant de la vente d’exemplaires en kiosque. Créant ainsi une dépendance factuelle et psychologique à la publicité qui rend plus difficile le maintien d’une séparation entre le contenu commercial et le contenu rédactionnel. »

Information Literacy

Information Literacy (Photo credit: Ewa Rozkosz)

Cela dit, la rentabilité ne devrait pas, en principe, prendre le pas sur l’information. N’empêche qu’on peut comprendre que les propriétaires de journaux recherchent un plan économique, incluant les contenus multiplateformes, afin de demeurer rentables comme le souligne Robert Maltais[1]. Toutefois, cette quête ne devrait pas nuire à la qualité du contenu livré aux lecteurs. Sur le billet du blogue de Pierre Allard, je renchérissais avec le commentaire suivant :

« La Presse+ met en place une culture de la gratuité de l’information qui s’avère dangereuse pour le journalisme puisqu’il peut y avoir confusion des genres avec la rédaction publicitaire. Surtout si la publicité ne sert que d’unique source de revenus pour un média d’information; les entreprises commandant des publicités peuvent faire discrètement passer leurs intérêts dans le média. »

Ne misons pas sur cette culture de l’information sans coûts. Il en va de l’indépendance de vos serviteurs de l’information ainsi que de celle de sa diversité, à Montréal comme dans les régions. Si Gesca va de l’avant pour fermer ses quotidiens régionaux et tout miser sur La Presse+, on aura inévitablement affaire à une (nouvelle) baisse de la qualité de l’information à travers une véritable confusion des genres.

L’information accessible sur papier

Information has moved...

Information has moved… (Photo credit: choffee)

Toujours dans son billet sur son blogue, Pierre Allard y va d’un autre aspect important touchant aux conséquences de la diminution, voire la disparition des journaux en format papier envisagé par Gesca :

« Compte tenu que l’ère Internet n’a que vingt ans et que personne ne sait trop jusqu’où mènera sa croissance exponentielle et erratique, j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi on se comporte comme si le numérique allait – sans appel et de toute évidence – remplacer le papier comme support quotidien de l’information au public. »

Comme Pierre Allard, je ne crois pas une seconde qu’un médium aussi récent qu’Internet puisse remplacer un autre qui utilise le papier, que ce soit le journal, le magazine ou le livre. Trop prématuré. Et que dire des personnes qui n’utilisent que peu ou pas du tout le web et qui lisent encore leur journal en se salissant le bout des doigts avec l’encre du papier! Ou encore celles qui tiennent mordicus à tenir entre leurs mains un bon livre ou un magazine et non une tablette électronique.

Bref, le coup de gueule de Pierre Allard sur son blogue envers Gesca et ses anciens patrons du Droit est un sacré bon coup pour dénoncer la fin de la publication en format papier de La Presse et des autres journaux de l’entreprise à travers le Québec. Et comme je dis dans ces derniers mots de mon commentaire faisant suite au billet de Pierre Allard, « la fin annoncée de la publication des journaux de Gesca par Power Corp n’est pas une bonne nouvelle pour l’accessibilité, la diversité et l’indépendance de l’information. »

 

[1] Robert MALTAIS, « Stopper l’affaiblissement du 4e pouvoir », Éthique publique, volume 15, numéro 1, 2013, p. 140

Publicités

Et si on abolissait les partis politiques au Québec?

Élections Québec 2014

Abolir les partis politiques, une bonne idée?

L’idée d’abolir les partis politiques n’est pas nouvelle, mais elle est encore pertinente à un moment où personne ne veut de cette élection déclenchée par le Parti québécois (PQ) et où le désabusement et le cynisme envers notre classe politique atteignent des sommets.

Anders Turgeon Dossiers Politique, Élections, Québec

abolir-partis-politiques-elections-quebec-2014Autant au provincial qu’au fédéral et au municipal, les politiciens se foutent des préoccupations des gens et ne pensent qu’à leurs propres privilèges. Mais puisqu’il est question du Québec et des élections provinciales qui nous attendent le 7 avril prochain, je vais tabler sur nos politiciens et notre gouvernement qui règnent littéralement sur les gens.

Clairement, notre système politique, inchangé depuis 1867, ne convient plus. Il traverse une crise de confiance envers les citoyens. Un lecteur du Soleil résumait parfaitement la situation il y a presque 3 ans dans une lettre ouverte:

Les crises qui secouent présentement les partis politiques au Québec mettent en évidence les effets désastreux d’un système de représentation contrôlé par des partis politiques qui se battent entre eux pour s’emparer du pouvoir au lieu de s’occuper des priorités des citoyens qu’ils sont censés servir. Ces effets sont encore plus marqués dans un système parlementaire britannique comme le nôtre, où le scrutin à majorité simple confère une prime au gagnant et où l’assemblée législative est captive d’un exécutif nommé par le parti dominant.

Alors, qu’attendons-nous pour nous lancer dans cette réforme? Ah oui, j’oubliais: la partisanerie politique qui touche actuellement les 4 partis dont nous entendons le plus parler: le PQ, le Parti libéral du Québec (PLQ), la Coalition Avenir Québec (CAQ) et Québec Solidaire (QS). Chacun tire la couverture de son bord dans le but d’aller chercher le plus de votes possible. Dans le cas de QS, ils se sont pas prêts de prendre le pouvoir avec leurs belles idées qui ne dépassent pas la rampe du réel. Alors, Françoise David et Amir Khadir se contentent de grapiller des votes au PQ, préférant voir le PLQ prendre le pouvoir.

Cette situation fait en sorte que personne ne travaille ensemble et chacun campe sur ses positions. Cela est vrai pour les 4 pôles qui orientent notre système politique au Québec à l’heure actuelle:

  • les fédéralistes contre les souverainistes;
  • les Inclusifs contre les pros-Charte (suite au débat raté sur la Charte des valeurs du PQ et le projet de loi 60 qui en découle);
  • la gauche (les gauchistes radicaux, les centre-gauchistes et les centristes modérés) contre les droitistes radicaux;

De quoi alimenter les cynismes en tout genre. Plusieurs sont désabusés et songent carrément à abandonner leur droit le vote le 7 avril comme le chroniqueur Daniel Rolland du portail web La Métropole.

La politique québécoise sans partis

Par conséquent, afin de réformer notre démocratie qui se porte mal, vaut-il mieux abolir les partis politiques? Que les candidats liberer-abolir-partis-politiques-elections-quebec-2014pour un poste de député dans leur circonscription se fassent élire sur la base de leurs idées pour un projet de société plutôt que sur la base d’un parti?

En ce sens, des efforts ont déjà été entrepris afin de réformer progressivement notre démocratie et abolir nos partis politiques. Selon le site web Météo politique, deux mouvements sont nés de cette contestation de nos instances politiques:

  • le Nouveau Mouvement pour le Québec (créé en 2011);
  • les Sans-parti.

Pour ce deuxième mouvement, il est intéressant de savoir à partir de quel constat il s’est formé:

Dans son manifeste, il soutient que «les partis politiques actuels» sont les «premiers responsables de la dégradation de notre démocratie». Les partis n’ayant pas réussi à réaliser la réforme démocratique nécessaire, les Sans-parti estiment que seule une coalition de 125 candidats sans parti pourrait y susciter une réelle réforme démocratique qui redonnera «aux citoyens le contrôle permanent sur leurs représentants et sur les décisions qui les concernent».

Afin de poursuivre dans ces réflexions anti-partisanerie, deux livres retiennent notre attention. Ils prônent la réforme en profondeur de notre système politique démocratie. Là encore revient l’idée d’abolir les partis politiques:

  • Réinventer la démocratie de Jean Laliberté (Septentrion, 2011);
  • Abolir les partis politiques de Jacques Lazure, sociologue et professeur à l’UQÀM (Libre pensée, 2006).

Ce sont deux lectures qui m’intéressent beaucoup.

En attendant l’utopie d’abolir les partis politiques, je ne sais pas où je vais cocher le 7 avril prochain…

Enhanced by Zemanta

Un compte rendu critique de Libérez-nous des syndicats d’Éric Duhaime

Libérez-nous des syndicats d’Éric Duhaime

Les syndicats, de progressistes à défenseurs du statu quo

Dans son essai Libérez-nous des syndicats, Éric Duhaime défend la thèse comme quoi les syndicats, devenus trop gros et puissants, empêchent le Québec de progresser politiquement et économiquement.

Anders Turgeon

liberez-nous-des-syndicats-eric-duhaime-compte-rendu-critiqueActuellement, les syndicats québécois, jadis progressistes, protègent et défendent le statu quo politique et économique de la province. Telle est la thèse défendue par le chroniqueur et polémiste de droite Éric Duhaime dans son deuxième essai Libérez-nous des syndicats. Son livre a été lancé dans la tourmente, sous escorte policière, il y a 8 mois de cela au restaurant Rebel sur la rue Sainte-Catherine Est, à proximité des studios de TVA. Il créait la controverse et se faisait vilipender par plusieurs représentants des milieux syndicaux : Louise Chabot, la présidente de la Centrale syndicale du Québec (CSQ), et Henri Massé, ex-président de la FTQ.

Éric Duhaime le personnage

Afin de mieux comprendre pourquoi Éric Duhaime se voit ainsi dénigré par la gauche et les syndicats, il est essentiel de contextualiser le personnage. Il est détenteur d’un baccalauréat en science politique à l’Université de Montréal et d’une maîtrise en administration publique à l’École nationale d’administration publique (ÉNAP). Il a déjà œuvré à la mise en place d’un système politique démocratique en Irak, au Maroc et en Mauritanie au sein de la National Democratic Institute, un ONG affilié d’un autre ONG étasunien, soit le National Endowment for Democracy. Il a travaillé en tant que conseiller politique des  anciens chefs de parti Mario Dumont (ancienne ADQ), Stockwell Day (ancienne Alliance canadienne) et même Gilles Duceppe. Il a œuvré au sein de l’Institut économique de Montréal (IEDM), OSBL véhiculant les idées de la droite économique : libre marché, individualisme, un État aminci et non interventionniste, un climato-scepticisme, etc. Omniprésent dans les médias québécois pour répéter ses mantras idéologiques sur le ton de l’évidence, il a été chroniqueur pour le Journal de Québec et au 98,5 FM.

Aujourd’hui, il travaille avec Mario Dumont, avant à Dumont 360 sur les ondes de V et maintenant à son émission éponyme à LCN. Il collabore également à Franchement Martineau à LCN, tient une chronique dans le Toronto Sun et anime Duhaime le midi sur les ondes de CHOI – Radio X Montréal. Il a cofondé le Réseau Liberté-Québec, un OSBL de droite et, comme je le mentionnais précédemment, a écrit un premier essai, L’État contre les jeunes, paru en janvier 2012. Sans oublier les controverses qu’il a déclenchées en accusant notamment Amir Khadir de dissimuler un agenda islamique ou d’avoir mangé un hot-dog destiné à des sinistrés dans le cadre de la tragédie du Lac-Mégantic.

Une lecture surprenante des syndicats

Le CV bien garni d’Éric Duhaime aide à saisir le personnage populiste qu’il s’est créé. Je m’attendais donc à lire un liberez-nous-des-syndicats-eric-duhaime-compte-rendu-critique-1ouvrage antisyndical bourré de préjugés, comme le laisse présager le titre de son essai et le passage suivant se trouvant dans l’avant-propos de son livre :

« Cette absence [de notes de bas de page et de bibliographie] est délibérée. […] Les citations ou références à des études ou à des statistiques, tout au long du texte, sont généralement accessoires et secondaires pour étayer mon propos. J’ai écrit un pamphlet politique, pas une étude scientifique. J’exprime, d’abord et avant tout, mes opinions. ».

Autrement dit, il ne fallait pas prendre son avis pour du cash.

Or, j’ai été agréablement surpris. Dans son livre, l’auteur ne se pose pas absolument contre les syndicats. Au contraire. Mais il voudrait que ces derniers reviennent essentiellement à la défense de leurs membres et qu’ils soient entièrement redevables de toutes leurs actions envers ces derniers et la société. En ce sens, il dresse un brillant bilan du grand pouvoir d’influence acquis par les syndicats au Québec depuis les années 60. En 13 chapitres, il passe aisément de l’historique des syndicats québécois à la gangrène mafieuse de la FTQ-Construction (actuellement la vedette de la Commission Charbonneau) en passant par l’opacité des livres financiers des syndicats, l’absence de liberté d’association syndicale et une obligation de verser des cotisations aux syndicats suite à l’adoption de la Formule Rand en 1946.

Dans un chapitre consacré à l’infiltration des syndicats dans les organisations de gauche, il traite du reportage d’Alec Castonguay, publié dans L’Actualité du 15 juin 2012, dans lequel il est révélé le rôle discret mais efficace des syndicats dans le conflit étudiant de l’année dernière. Dans d’autres chapitres, il dénonce les fonctionnaires syndiqués de l’État québécois assis sur leurs privilèges, les fonds d’investissement de la FTQ et la CSN ainsi que les lois anti-briseurs de grève qui, selon lui, nuisent aux revenus des entreprises et des travailleurs. Également, il se permet de revenir sur les plus récents conflits de travail, notamment ceux des Couche-Tard et du Journal de Montréal en déplorant que ce type de conflits conduit à une moins grande flexibilité et un coût plus élevé des travailleurs. En somme, il ratisse large sur le pouvoir et la mainmise des syndicats dans les sphères politique et économique du Québec.

Finalement, bien qu’il ait le mérite de dénoncer l’immense pouvoir octroyé aux syndicats québécois depuis des décennies, Éric Duhaime ne présente qu’un envers de la médaille. Il ne prend ses informations qu’auprès des sources qui corroborent ses propos : l’IEDM, l’Institut Fraser, les témoignages de gens qui pensent comme lui, etc. Quant à son style, les redondances dans ses propos abondent d’un chapitre à l’autre, notamment lorsqu’il revient sans cesse aux travailleurs qui ne sont pas consultés par leurs syndicats sur les décisions que ces derniers prennent. Et j’aurais bien apprécié qu’Éric Duhaime laisse à ses lecteurs des notes de bas de page et une bibliographie, car il doit bien posséder une liste de références consultées pour les besoins de son essai!

Quoi qu’il en soit, si vous n’êtes pas effrayés à l’idée de lire un ouvrage d’Éric Duhaime et que vous voulez entamer une réflexion sur la place des syndicats au Québec, la lecture de ce livre est recommandée.

Note: Ce compte-rendu critique a fait l’objet d’un exposé oral dan le cadre de mon cours RED2201: Écriture et médias, à l’Université de Montréal.

Non à la gratuité scolaire dans l’immédiat!

Cet article est paru, à l’origine, sur le blog des 7 du Québec.

Droits de scolarité et financement des universités

La gratuité scolaire : pas réalisable maintenant

Alors que le gouvernement Marois a décrété l’annulation de la hausse des droits de scolarité promulguée par Jean Charest, l’ASSÉ pousse le bouchon encore plus loin réclamant la gratuité scolaire. Toutefois, le contexte politique et économique prévalent en ce moment au Québec n’est pas propice, en ce moment, pour ce projet.

Anders Turgeon Dossier Actualités, Éducation

À pareille date l’an dernier, la plupart des étudiants se mobilisaient contre la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement droits-scolarite-financement-universites-gratuite-scolaire-education-jeunesCharest. Suite à un Printemps Érable mouvementée marqué par la judiciarisation du conflit étudiant ainsi que la loi 12, les étudiants (du moins, les carrés rouges) ont obtenu l’annulation de cette hausse suite à l’élection du Parti québécois.

Maintenant, les carrés rouges, l’ASSÉ en tête, réclament la gratuité scolaire. Toutefois, selon des articles de La Presse, Radio-Canada.ca, du Métro, du 98.5FM et du Huffington Post, le ministre Pierre Duchesne a écarté définitivement cette avenue. La gratuité est envisageable à long terme, mais pas dans le contexte actuel, a-t-il fait valoir lors d’une allocution à la fin de l’École d’hiver Spécial Sommet de l’Institut du Nouveau Monde (INM).

Il y a de quoi être d’accord avec le ministre Duchesne. Contrairement à ce que croient la  FEUQ et l’ASSÉ , il est impossible de réaliser la gratuité des études universitaire compte tenu de du contexte politique et économique actuel du Québec. L’État n’est pas une source intarissable d’argent ; les contribuables, encore moins. La dette grimpe de manière préoccupante.

Avant de songer à accorder la gratuité au niveau universitaire, un important ménage de l’État-providence québécois s’impose. Le gouvernement aurait intérêt à dépenser avec diligence et efficacité dans la santé, l’éducation et l’emploi. Il devrait investir dans les programmes sociaux, il devrait rester intègre face à toute tentative de corruption. Et il devrait face en sorte que tout le monde verse ses impôts à l’État, sans exception.

Surtout, notre système de l’éducation est à revoir avant de fournir une éducation entièrement gratuite. Il serait important de revoir la manière d’éduquer les jeunes. Revaloriser pleinement la réussite scolaire et l’excellente encouragerait les jeunes à faire preuve de rigueur et de détermination dans leurs études. Ils développeraient une  méthode de travail et, rendus à l’université, ils seraient outillés pour réussir leurs études et s’enligner pour une carrière prometteuse.

Avant la gratuité scolaire au niveau universitaire, le gouvernement doit améliorer sa gestion de l’argent des contribuables. Les étudiants ont aussi leur part de responsabilité: étudier et obtenir du succès dans leur cheminement scolaire. Dans ce cas, seulement, l’ASSÉ et Martine Desjardins pourront légitimement réclamer la gratuité scolaire.

 

La culture du « no-fault » au Québec

Actualité des 7 du Québec

La culture du « no-fault » au Québec

Suite aux démissions des maires de Montréal et Laval Gérald Tremblay et Gilles Vaillancourt qui ne se jugent pas responsables de la corruption dans leur ville respectives, je me suis interrogé sur un fléau social qui ronge notre société: la culture du « no-fault ».

Anders Turgeon Dossier Actualités

Scandales de corruption dans les administrations municipales de Montréal et Laval, intimidation, taux de suicide élevé au Québec, etc. Tous ces cas ont de quoi décourager tout citoyen le moindrement bien informé.

Malgré ces maux qui gangrènent notre société, dans l’ensemble de la province, nous jouons collectivement à l’autruche : ne rien voir, ne rien entendre et n’être responsable de rien. La question à se poser dans un tel contexte : pourquoi cette culture du no-fault?

Pour lire la suite, cliquez ici.